Donald Trump a signé mercredi un décret ordonnant le retrait des Etats-Unis de 66 organisations internationales qui «ne servent plus les intérêts américains», a annoncé la Maison-Blanche dans un message sur X. L’exécutif américain a précisé que parmi elles se trouvaient 31 organisations liées à l’ONU.
Depuis son retour à la Maison-Blanche il y a près d’un an, le président républicain met en œuvre sa vision de «l’Amérique d’abord». Comme lors de son premier mandat, il a ainsi décidé de retirer les États-Unis de l’accord de Paris sur le climat et de l’Unesco (organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture), que les États-Unis avaient réintégrés sous la présidence de Joe Biden. Il a en outre claqué la porte de l’Organisation mondiale de la santé.
L’administration Trump a également largement coupé l’aide américaine à l’étranger, amputant les budgets de nombreuses organisations onusiennes forcées de réduire leurs activités sur le terrain, comme le Haut Commissariat aux réfugiés ou le Programme alimentaire mondial.
Depuis la tribune de l’Assemblée générale en septembre, Donald Trump avait également lancé une attaque en règle contre l’ONU, selon lui «très loin de réaliser son potentiel».
Mercredi, il a également ordonné le retrait des États-Unis de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CNUCC), traité fondateur de tous les autres accords climatiques internationaux, conclu en 1992 lors du sommet de la Terre de Rio. C’est dans le cadre de la CNUCC qu’a notamment été signé l’accord de Paris de 2015.
Une administration «autoritaire et antiscience»
Ce retrait supplémentaire «est un coup majeur pour l’action climatique mondiale, fracturant le consensus durement gagné et posant le plus grand défi aux efforts climatiques depuis l’adoption de l’accord de Paris», a déclaré à l’AFP l’analyste Li Shuo, de l’Asia Society Policy Institute.
C’est «un nouveau signe que cette administration autoritaire et antiscience est déterminée à sacrifier le bien-être de la population et à déstabiliser la coopération internationale», a également déploré auprès de l’AFP Rachel Cleetus, de l’organisation Union of Concerned Scientists.
Possible problème juridique
Cette annonce pourrait également représenter un défi juridique, alors que la Constitution américaine, qui permet au président de rejoindre un traité après un vote de deux-tiers des sénateurs, ne dit rien sur sa sortie.
Si Donald Trump avait fait sortir les États-Unis de l’accord de Paris lors de son premier mandat, avant que Joe Biden n’y revienne, «sortir de la CNUCC est radicalement différent», estime Jean Su, avocate pour le Centre de la diversité biologique.
«Nous estimons qu’il est illégal pour le président de sortir unilatéralement d’un traité qui requiert un vote des deux tiers du Sénat», a-t-elle indiqué à l’AFP, évoquant des «options légales» pour le prouver.
Le décret ordonne également le retrait des Etats-Unis du comité d’experts scientifiques de l’ONU sur le climat (GIEC), la référence en matière de science climatique, ainsi que d’autres organisations liées à la protection de la planète, comme l’Agence internationale pour les énergies renouvelables, l’Union internationale pour la conservation de la nature, ou encore ONU-Eau.
L’égalité homme-femme méprisée
Le climat n’est pas la seule cible de l’administration Trump, qui s’en prend à d’autres principes défendus par les Objectifs de développement durable de l’ONU destinés à améliorer l’avenir de l’humanité, comme l’égalité femme-homme.
Le décret publié mercredi ordonne ainsi la sortie des États-Unis du Fonds des Nations unies pour la population, spécialisé dans la santé de la mère et de l’enfant, et d’ONU-Femmes.
Également sur la liste, l’agence de l’ONU pour le Commerce et le Développement (CNUCED).
Dans un communiqué, le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a accusé les organisations visées de promouvoir une «idéologie progressiste», dénonçant notamment «les campagnes pour l’égalité de genre et l’orthodoxie climatique». Il a en outre claqué la porte de l’Organisation mondiale de la santé.
Le président républicain a également largement coupé l’aide américaine à l’étranger, amputant les budgets de nombreuses agences onusiennes forcées de réduire leurs activités sur le terrain, comme le Haut commissariat aux réfugiés ou le Programme alimentaire mondial.
Source : Afp
