Lancement officiel du carnaval international de Ouidah (Bénin): Démonstration de force des adeptes et divinités dans la forêt sacrée

Trente ans après Ouidah 92, la cité de Kpassè renoue avec les grands rassemblements internationaux autour des arts, de la culture et des cultes. Le carnaval international de Ouidah a pris ses quartiers dans la forêt sacrée de Kpassè pour son lancement officiel, mercredi 28 décembre.

Moment choisi par les dignitaires et adeptes des cultes pour une démonstration de force.

Le « Kpassè loko », l’arbre centenaire situé en plein cœur de la forêt sacrée de Ouidah a été le témoin, mercredi 28 décembre, des demandes et doléances des organisateurs du carnaval international de Ouidah (Cio). Assis à même le sol, au milieu d’une foule d’adeptes et de prêtresses, Wilfried Houndjè, délégué général du Cio, implore les ancêtres.

Son souhait, c’est que les divinités de la forêt et les dieux bénissent cette première édition. Il voudrait aussi que l’évènement se pérennise, draine du monde et fasse parler de Ouidah aux quatre coins du monde. Le vœu de l’initiateur du Cio porté aux ancêtres est de voir leur cité se révéler à travers cette initiative. La demande est reçue par le grand maitre des lieux, le Mitô kpassèhossou.

Entre-temps, allégeance est faite au pontife du vodun, dadah Daagbo Hounon Tomandjlèhoukpon, lui aussi favorable aux demandes. S’ensuivront les libations et offrandes, puis, l’immolation des animaux et une suite de cérémonies rituelles pour confier le Cio aux divinités de la forêt.

Pendant ce temps, des groupes d’adeptes, certains en transe assurent l’animation du site. Chants, danses, démonstrations et parades ont lieu sous le regard admiratif de nombreux touristes et délégations étrangères venus participer au carnaval. Certaines délégations se sont particulièrement fait remarquer comme celles de la Guadeloupe, du Brésil, du Venezuela…   

La parade des danseurs et adeptes tenant les cabris immolés par les dents annonce la fin des cérémonies rituelles. Daagbo Hounon Tomandjlèhoukpon reprend le lead de la cérémonie pour les bénédictions. Le Cio honore la ville de Ouidah et la grandit, introduit le dignitaire. «C’est une initiative à encourager et à pérenniser», enchaine-t-il avant de féliciter Wilfried Houndjè dont il a salué l’endurance et la perspicacité à tenir un évènement d’une telle envergure.

Le soutien des garants de la tradition, des dignitaires et adeptes ne fera pas défaut, assure le pontife. Le délégué général prendra le flambeau. Trente ans après Ouidah 92, initiative de l’ancien président Nicéphore Soglo, la jeunesse de Ouidah est heureuse de reprendre le flambeau pour réécrire la suite de l’histoire de la ville, se félicite-t-il.

La cité des Kpassè n’a plus jamais connu une telle effervescence, soutient le délégué général du Cio. L’évènement se veut aussi bien cultuel que culturel et festif. Des animations sont prévues dans une vingtaine de temples sacrés et couvents à travers la ville jusqu’au dimanche prochain.

A cela s’ajoute une soirée festive ponctuée d’animations culturelles diverses en attendant le grand carnaval et la parade de plus de quatre mille performeurs dans les rues de la ville. Ouidah aura à l’occasion, fait-il savoir, la rue la plus animée en Afrique de l’Ouest.

Le choix de la forêt sacrée de Kpassè ne relève pas du hasard, explique-t-il. Il s’agit d’un lieu symbole pour les Xweda, les adeptes du python et toute la communauté des partisans des religions endogènes. Pour Mitô Kpassèhossou, Ouidah se trouve rehaussée à travers ce carnaval qui, selon lui, était attendu depuis trente ans. René Gnida, premier adjoint au maire de la commune, est venu apporter le soutien du Conseil communal à cet événement dont l’écho retentit au-delà des frontières nationales.

Il est fier et honoré de l’engagement des jeunes de sa ville qui ont voulu, à travers ce carnaval, célébrer à la face du monde, tout ce dont regorge la ville en termes de potentialités.

SOURCE : La Nation (Quotidien National)