Gaza-Israël : Le patron de l’ONU réclame un « cessez-le-feu humanitaire »

Antonio Guterres

Le patron de l’ONU a réclamé samedi un « cessez-le-feu humanitaire » dans le conflit entre Israël et le mouvement palestinien Hamas au pouvoir à Gaza, à l’ouverture d’un « Sommet pour la paix » au Caire.

« Il faut agir maintenant pour mettre fin au cauchemar », a déclaré Antonio Guterres.

« Les Gazaouis ont besoin de beaucoup plus, un acheminement massif d’aide est nécessaire » a ajouté le secrétaire général des Nations-Unies, alors que seuls 20 camions sont passés samedi matin de l’Egypte vers la bande de Gaza assiégée et pilonnée par Israël depuis l’attaque sanglante du Hamas contre Israël.

M. Guterres participe au sommet aux côtés notamment des dirigeants européens Charles Michel et Josep Borrell, du roi de Jordanie Abdallah II, du président de l’Autorité palestinien Mahmoud Abbas et de nombreux chefs de diplomatie, mais sans dirigeant américain.

Plus de 1.400 personnes ont été tuées en Israël par les hommes du Hamas depuis le 7 octobre, en majorité des civils fauchés par balles, brûlés vifs ou morts de mutilations au premier jour de l’attaque des combattants menée à partir de Gaza, selon les autorités israéliennes.

Selon l’armée israélienne, environ 1.500 combattants du Hamas ont été tués dans la contre-offensive israélienne.

Dans la bande de Gaza, 4.137 personnes, majoritairement des civils, ont été tués dans les bombardements incessants menés en représailles par l’armée israélienne, selon le ministère de la Santé du Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007.

L’aide acheminée samedi vers Gaza est insuffisante pour l’ONU qui veut 100 camions par jour pour les 2,4 millions de Gazaouis privés de tout.

Avant M. Guterres, les dirigeants palestinien, jordanien et égyptien ont plaidé pour un « cessez-le-feu » entre Israël et le Hamas et une « solution » à 75 ans de conflit israélo-palestinien.

– « Nous ne partirons pas » –

Abdallah II de Jordanie a réclamé « un cessez-le-feu immédiat », tandis que le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a, lui, affirmé que « l’unique solution à la question palestinienne est la justice », affirmant le « droit » des Palestiniens « à établir leur Etat ».

Il faut, a ajouté le président de l’Autorité palestienne Mahmoud Abbas, « la fin de l’occupation des Territoires palestiniens par Israël et la solution à deux Etats » israélien et palestinien –avec, pour les Palestiniens, Jérusalem-Est actuellement occupée et annexée par Israël comme « capitale ». « Nous ne partirons pas », a-t-il répété trois fois.

Le président américain Joe Biden, qui ne participe pas à ce sommet, tout comme Israël, avait indiqué lors d’une visite-éclair mercredi à Tel Aviv, que la guerre entre Israël et le Hamas renforçait sa « détermination » pour une solution à deux Etats.

Depuis plusieurs jours, Le Caire et Amman sont vent debout contre l’ordre israélien d’évacuer les Palestiniens du nord de la bande de Gaza vers le sud frontalier de l’Egypte.

Ils y voient un premier pas vers « un déplacement forcé » des Palestiniens vers le Sinaï égyptien qui équivaudrait selon M. Abbas à « une deuxième Nakba » (la catastrophe en arabe), en référence à l’expulsion d’environ 760.000 Palestiniens à la création d’Israël en 1948.

Après plus de 4.100 morts et de 12.000 blessés à Gaza, « le monde est silencieux », s’est insurgé Abdallah II.

« C’est un message très dangereux », a-t-il dit, « le monde arabe l’entend clairement : les vies palestiniennes valent moins que les vies israéliennes. Nos vies valent moins que d’autres vies (…) les droits humains ont des limites: ils s’arrêtent aux frontières, aux races et aux religions ».

Vendredi des dizaines de milliers de manifestants sont sortis dans l’ensemble des pays arabes en soutien aux Palestiniens de la bande de Gaza.

L’Egypte, qui a pris l’initiative de ce sommet, se veut en première ligne pour tenter de trouver une issue au conflit israélo-palestinien.

Premier pays arabe à avoir signé la paix avec Israël en 1979, Le Caire est un médiateur traditionnel entre Israël et les Palestiniens –notamment le Hamas– et contrôle le point de passage de Rafah, unique ouverture sur le monde de Gaza qui ne soit pas aux mains d’Israël.

SOURCE : AFP