Togo: Des femmes de Gnidové organisées en « union fait la force » pour la production du riz biologique

Des femmes récoltant le riz (photos archives)

L’évolution du monde impose aux humains, sans distinction de sexe, une participation équitable aux activités sociales, communautaires, politiques et économiques, conduisant ainsi à un développement harmonieux de la société.

De plus en plus on retrouve des femmes dans les domaines d’activités précédemment réservées aux hommes.

C’est ainsi que des femmes de Gnidové, à 13 km d’Agou Gadzefé se sont organisées en association, « l’Union fait la Force » pour produire du riz en qualité et en quantité afin de parvenir à leur autonomie financière.

Plusieurs variétés de riz sont cultivées de par le monde, notamment le Thaï ou riz Jasmin cultivé en Thaïlande, le Basmati cultivé principalement en Inde et au Pakistan. On distingue également les riz rond, sauvage, créole, pilaf, risotto et le riz complet cultivé à Gnidové.

Ces différents riz sont classés dans les catégories de riz parfumé et non parfumé. Cependant il existe des riz parfumés naturellement comme le riz complet.

La qualité du riz de Gnidové

Les femmes de Gnidové, soutenues par l’Entreprise et Service de l’Organisation de Producteurs (ESOP) de cultures vivrières, produisent un riz biologique (bio), dénommé «le riz complet».

M. Akoto Kossi, encadreur d’ESOP explique que ce riz est dit complet parce qu’il contient les vitamines B1 ou thimine, B2 ou riboflavine et B3 ou niacine. Il est également riche en fer, calcium et protéine.

C’est un riz long grain, naturellement parfumé qui ne colle pas après cuisson, avec un goût très agréable.

La culture se fait une fois dans l’année de juin à août et la récolte d’octobre à décembre. Pour réussir cette culture, les femmes enrichissent le sol avec des engrais organiques (le composte) fabriqués à partir d’un mélange de feuilles et d’herbes mortes, des déchets d’animaux domestiques tels que des bouses de vaches, des fientes de poules.

Le riz est récolté quatre mois après la semence. Les femmes de l’association prennent des dispositions, dès la récolte, pour éviter que des moisissures provenant de l’humidité n’attaquent le riz dans l’entrepôt.

Quantité de riz produite

Les femmes de «l’Union fait la force », au nombre de quarante, produisent par an entre 50 ou 70 tonnes de riz selon que la saison pluvieuse est bonne ou mauvaise. La qualité et la quantité de riz dépendent en grande partie de la pluviométrie qui peut
être mauvaise et affecter dangereusement la culture. ESOP achète le Kg de riz non décortiqué à 150 F CFA. Après la vente du riz à ESOP, les membres de l’association se partage l’argent proportionnellement à la production de chacune.

Depuis la création de l’Union en 2013, la production annuelle de riz engendre une somme qui varie entre 7 millions et 10 millions CFA.

Cette production couvre plus que les besoins nutritionnels des familles. Le surplus est vendu en gros ou en détail dans les marchés et aux magasins des localités voisines.

L’autonomie financière assurée

Les membres de l’Union ont acquis une autonomie financière depuis qu’ils ont commencé par vendre le fruit de leur labeur.

L’argent issu de la vente du riz, leur permet de subvenir à leurs propres besoins et à ceux de leurs familles, notamment à se nourrir convenablement, se procurer des vêtements décents, se soigner, participer désormais aux charges du ménage pour l’harmonie du foyer.

Cette autonomie financière les rend autonomes et épanouies. Elles sont désormais hors des vices tels que : la mendicité, le vol, la prostitution, l’exode rural avec tous les risques possibles.

Certaines femmes arrivent même à faire des épargnes pour créer d’autres activités génératrices de revenus. Cette manière de travailler de ces femmes est en même temps une occasion d’inculquer directement à leurs progénitures surtout les filles qu’ils sont désormais appelés à travailler à l’âge adulte pour se prendre en charge.

Les perspectives de L’Union

Les femmes de l’«Union fait la force» voulant toujours aller de l’avant, souhaitent que les autorités leur viennent en aide en subventionnant le matériel de travail tel que les tracteurs et les intrants pour accroître considérablement les superficies cultivables et maximiser le bénéfice.

A titre d’exemple, le riz non décortiqué se vend à 150 F le kg alors que le décortiqué se vend à 250 F le kg. Elles sollicitent également la subvention des moissonneuses batteuses, décortiqueuses et machines d’emballage. Ceci montre à suffisance l’importance de la mécanisation de l’agriculture.

Les membres de l’Union comptent se transformer en une structure qui s’occupera de la production, de la transformation et de la commercialisation du riz.

Au moment où le pays fait la promotion de la femme et de l’entreprenariat féminin, ces doléances devraient trouver un écho favorable auprès des autorités, afin de motiver d’autres femmes à leur emboîter les pas.
Créée en 2013 à la suite d’une enquête menée par l’ESOP à la recherche de terres propices à la culture de riz, l’association «Union fait la force» bénéficie de la part de celle-ci des semences sélectionnées gratuites et des prêts financiers pour l’achat d’engrais organiques fabriqués sur place et remboursables après la production et la vente.
Après la récolte, ESOP achète toute la quantité de riz produite au prix du marché, afin de dispenser les productrices des tracasseries de transport du lieu de production jusqu’au marché de vente.

ESOP défalque la valeur du prêt de l’engrais organique au moment de l’achat du stock produit. Le reste de l’argent issu de la production vendue est remis aux productrices.

Jeanne M’Bolaba TASSEBA (ATOP)

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