INAM: La nouvelle liste des médicaments remboursables par l’assurance maladie publique bientôt en service, mieux cerner le rôle du prescripteur et de l’assureur (DOSSIER)

La nouvelle liste des médicaments remboursables par l’assurance maladie publique sera mise en service le 1er décembre prochain.

La liste des médicaments remboursables par l’assurance maladie publique est un outil de gestion de l’assurance maladie qui est mis à la disposition des prestataires (les prescripteurs et les pharmaciens) pour leur permettre de reconnaître les médicaments à prescrire ou à dispenser aux assurés.

Ces médicaments sont couverts par l’Institut national d’assurance maladie du Togo (INAM), raison pour laquelle ils sont « remboursables ». L’accent est également mis sur leurs conditions de délivrance.

« Cette liste présente pour chaque médicament, le nom commercial, la substance active qu’il contient — ce que nous appelons dans notre jargon DCI (Dénomination, Commune, Internationale) –, ses caractéristiques (forme/dosage), le groupe de maladies qu’il traite, son prix de vente en pharmacie, ainsi que la part que l’INAM rembourse et sous quelles conditions on peut le prescrire », a expliqué Dr Têko Amoussou-Kouetete (chef département contrôle médical et qualité des soins de l’INAM).

« Cette liste est fixée par l’Etat et elle est révisée périodiquement », a-t-il précisé.

C’est la quatrième liste des médicaments remboursables par l’assurance maladie publique qui sera mise en service, depuis le début des prestations de l’INAM en 2012, trois listes ayant été déjà révisées. La dernière liste a été révisée en juin  2015.

Mais pourquoi ces révisions ?

« C’est à la recherche de la meilleure liste. Car, une bonne liste doit répondre à trois impératifs : (i) assurer la qualité des soins (contenir des médicaments efficaces qui répondent aux besoins de soins des populations, (ii) permettre un remboursement optimal des médicaments aux assurés (une bonne couverture financière de leurs dépenses afin de minimiser le reste à payer pour l’assuré), (iii) la liste doit garantir l’équilibre du régime (par un remboursement des médicaments dépendant de leur utilité et non de leurs coûts sur le marché ou des comportements de prescriptions », a souligné Dr. Têko Amoussou-Kouetete.

Cette liste, a-t-il poursuivi, n’a pas été révisée par l’INAM, mais le processus a été conduit par l’Etat togolais : « Cette révision a été inclusive, avec la participation de plusieurs acteurs ».

« Le marché des médicaments et les besoins sanitaires en évolution permanente, ainsi que les comportements changeant de prescription, nécessitent la recherche constante de ce triple objectif de l’équilibre entre les trois impératifs », a-t-il indiqué, avant de préciser: « le patient est au cœur de nos préoccupations ».

Quoi de neuf dans cette nouvelle liste ? L’objectif fixé et l’avantage ?

Cette liste fixe un prix référentiel de remboursement commun pour les médicaments qui ont la même composition, la même forme et le même dosage.

Elle a pour objectif de privilégier et de délivrer : (i) les médicaments les plus efficaces qui répondent au besoin en santé de la population, (ii) les médicaments les plus accessibles financièrement, afin de réduire le reste à payer pour les bénéficiaires et (iii) pérenniser le régime d’assurance maladie.

Cette nouvelle liste présente trois grands avantages : les bases de remboursement sont simplifiées, les procédures de prise en charge sont allégées et la substitution des médicaments en pharmacie est facilitée.

La nouvelle liste est bien élaborée et permet de satisfaire tout le monde : le prescripteur, le bénéficiaire (l’utilisateur des médicaments) et l’INAM.

Rôle de chaque acteur : prescripteur, assureur….

« Chaque acteur doit jouer sa partition. Il appartiendra à chacun dans son rôle, d’essayer de faire tout pour que les médicaments soient disponibles, faire payer le moins possible le patient, a insisté Dr. Têko Amoussou-Kouetete.

« L’INAM doit veiller à ce que chaque acteur joue son rôle. Nous devons suivre la liste et détecter tout dysfonctionnement dans son utilisation et proposer des solutions. Les grossistes répartiteurs privés ainsi que la centrale d’achats des médicaments essentiels génériques doivent s’approprier la nouvelle liste par une bonne connaissance des groupes de médicaments identiques et de leurs prix. Il faudra qu’ils pensent rendre disponibles en priorité, les médicaments de cette liste, qui ont leurs prix proches des prix bases de remboursement, pour que les patients n’aient pas de différentiel à payer ».

Les pharmaciens, de leur côté, sont appelés à assurer la disponibilité continue de ces médicaments de la liste. Et ils doivent chercher surtout à disponibiliser ceux dont le prix est inférieur ou égal aux prix bases de remboursement. Si toutefois, les prescripteurs prescrivent des produits qui sont chers dans un groupe identique de produits, le pharmacien doit pouvoir faire la substitution : donner ce qui est le mieux-disant au patient.

Pour les prescripteurs, ils doivent toujours prescrire le médicament efficace dont le prix en pharmacie est plus proche du prix référentiel fixé.

« Il faut qu’ils acceptent que les médicaments de mêmes compositions se valent, même s’il s’agit de génériques. Il sera mis à leur disposition, un applicatif qui les aidera », a indiqué Dr. Têko Amoussou-Kouetete.

Les bénéficiaires de leur côté, doivent connaître et user de leurs droits à demander, lors d’une prescription ou d’une dispensation en pharmacie, le moins-disant en coût. Dans cette nouvelle liste, environ 52% des médicaments ont leur base de remboursement qui est supérieure ou égale à leurs prix en pharmacie.

« Si le choix est bien fait, si vraiment le bénéficiaire insiste pour qu’on lui donne le mieux-disant, tout le monde en sortira satisfait », a rassuré le chef département contrôle médical et qualité des soins de l’INAM.

Rappelons que l’INAM a pour objectif principal de permettre une meilleure accessibilité à des soins de qualité, aux bénéficiaires du régime d’assurance maladie. Sa mission : assurer la couverture des risques liés à la maladie, aux accidents et maladies non professionnels et à la maternité des agents publics et de leurs ayants droit. FIN

Junior AUREL