Augustin Dokla : « Environ 50% des PVVIH ont accès aux traitements antirétroviraux »

Environ la moitié des personnes vivant avec le Vih/Sida (PVVIH) au Togo, ont accès aux traitements antirétroviraux, a affirmé à l’Agence Savoir News, Augustin Dokla, Responsable du Réseau des personnes vivant avec le VIH/sida dénommé RAS+.

Ce dernier œuvre également au sein de l’ONG Espoir-Vie, la plus grande association de personnes vivant avec le VIH/SIDA au Togo.

« Un peu moins de 50% des PVVIH ont régulièrement le bilan de suivi qui permet de mesurer l’efficacité du traitement. Environ 3.000 à 4.000 enfants seulement sur 10.000 vivant avec le Vih/Sida, bénéficient d’une prise en charge pédiatrique correcte », a souligné M.Dokla, également Coordonnateur de la ligne verte spéciale info santé.

Au Togo, le taux de prévalence est de 2,5%, et le nombre de PVVIH estimé à 110.000, selon un rapport du Conseil National de Lutte contre le Sida (CNLS).

Le nombre de décès liés au sida a chuté ces dernières années, passant de 10.330 en 2009 à 6.641 en 2014, en raison de la prise en charge des personnes vivant avec ce virus, souligne ce rapport d’activités du CNLS, publié en juillet dernier.

Selon M.Dokla, toute la stratégie aujourd’hui est basée sur la disponibilité des ARV au plan géographique et en termes d’accessibilité financière (c’est gratuit).

« Mais les activités communautaires souffrent énormément, parce qu’il n’y a pas de partenaires qui accompagnent efficacement ces genres d’activités. Or, ce sont des activités capitales, car elles permettent d’aider les personnes à bien prendre leur traitement à vie », a-t-il déploré.

Le plus célèbre séropositif du pays déplore aussi la grande faiblesse dans l’accessibilité de la charge virale au Togo.

En matière de prise en charge dans le cadre de la +stratégie 3×90+: en 2015, 63% des PVVIH connaissaient leur statut sérologique et seulement 2% des PVVIH sous ARV avaient effectué une charge virale.

« La charge virale est la seule analyse qui nous permet de savoir si le traitement que nous suivons est efficace (c’est-à-dire si le traitement marche ou pas). A peine 2% ont accès à cette charge virale, alors que nous avons les médicaments », a indiqué M.Dokla.

« Aujourd’hui, nous avons des machines pour réaliser cette charge virale: nous avons une machine Lomé au CHU Campus et une qui est à Kara. Nous venons d’acquérir deux autres machines (pour Sokodé et la région maritime) », s’est-il réjouit.

Le rapport REDES 2015 (Estimation des Flux des Ressources et Dépenses Nationales de lutte contre le Sida) au Togo a montré que les dépenses dédiées au VIH au Togo en 2015 s’élèvent à plus de 11 milliards de F.CFA dont 81,94 % proviennent des fonds internationaux et 18,06 % des fonds domestiques.

Le Fonds Mondial de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme est le plus gros contributeur des dépenses liées au sida au Togo et des fonds internationaux. Les fonds domestiques proviennent de l’État (42,26%) et des fonds privés (57,74%). FIN

Ambroisine MEMEDE

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