Biodiversité : Le programme BIOFIN officiellement lancé au Togo

Mesmin Abel Kokouvi Amouzouvi

Le Programme pour la Finance de la Biodiversité/Biodiversity Finance Initiative (BIOFIN) a été officiellement lancé ce mercredi 21 janvier 2026 à Lomé, a constaté une journaliste de l’Agence Savoir News.

Le programme BIOFIN est une initiative globale du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), soutenue par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) et plusieurs autres partenaires internationaux, visant à aider les pays à identifier, mobiliser et orienter efficacement les ressources financières nécessaires à la mise en œuvre de leurs objectifs en matière de biodiversité.

À l’échelle mondiale, près de 50 % du produit intérieur brut dépend directement ou indirectement de la nature, alors même que les écosystèmes continuent de se dégrader à un rythme alarmant.

Le Togo, riche d’une diversité biologique remarquable et situé dans une zone écologique d’importance régionale majeure, n’échappe malheureusement pas à cette dynamique.

Elle est menacée par une dégradation due aux pressions anthropiques telles que : la déforestation, la pression foncière, l’exploitation non durable des ressources naturelles, l’urbanisation rapide et aux changements climatiques, entraînant la perte d’habitats et d’espèces, fragilisant ainsi les écosystèmes et menaçant les moyens de subsistance de millions de Togolaises et de Togolais.

Et sans un financement adéquat, prévisible et durable, même les meilleures stratégies restent difficiles à concrétiser. C’est précisément pour répondre à ce défi que le Programme BIOFIN a été conçu.

Ce programme couvre aujourd’hui 133 pays, et a permis de mobiliser environ 2,7 milliards de dollars américains en faveur de la nature, en apportant un appui technique pour l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies de financement par une approche combinant les analyses rigoureuses, les solutions financières innovantes et le dialogue politique inclusif.

« En intégrant BIOFIN depuis 2024, le Togo entend renforcer la mobilisation des ressources financières pour faire face à la dégradation alarmante de sa biodiversité », a précisé Mesmin Abel Kokouvi Amouzouvi (coordonnateur du programme BIOFIN au Togo)

Les chiffres sont préoccupants : entre 1985 et 2020, le pays a perdu en moyenne 0,72% de sa superficie forestière par an, soit plus de 42.000 hectares de forêts disparus chaque année. Une tendance qui menace directement les écosystèmes et les moyens de subsistance des populations.

Aouso Koffi Dinizou (secrétaire général du ministère de l’environnement), a affirmé l’engagement politique du gouvernement togolais à placer la biodiversité au cœur du développement durable.

Le Togo, riche de plus de 3 400 espèces végétales et 4 200 espèces animales fait face à une érosion rapide de son capital naturel, avec des conséquences écologiques, économiques et sociales majeures, a-t-il rappelé.

Pour le gouvernement, les dépenses en faveur de la biodiversité doivent désormais être considérées comme des investissements stratégiques.

De son côté, le PNUD a réaffirmé son engagement à accompagner le Gouvernement togolais à chaque étape de ce processus, à renforcer les capacités nationales et à faciliter le dialogue entre les acteurs publics, privés et communautaires.

« L’une des forces majeures de l’initiative BIOFIN réside dans son approche multisectorielle et inclusive. Le financement de la biodiversité n’est pas uniquement l’affaire du secteur de l’environnement. Il concerne également les finances publiques, l’agriculture, les mines, l’énergie, l’urbanisme, le tourisme, le secteur privé, les collectivités locales et la société civile », a souligné Abiziou Tchinguilou, qui a représenté la Représentante résidente du PNUD au Togo.

« C’est pourquoi le succès du processus BIOFIN au Togo dépendra de l’engagement collectif de toutes les parties prenantes ici présentes. Il s’agira, ensemble, d’identifier non seulement de nouvelles sources de financement, mais aussi de réorienter les flux existants, d’éliminer les mécanismes financiers néfastes à la nature et de promouvoir des investissements positifs pour la biodiversité », a-t-il ajouté. FIN

Bernadette AYIBE