Présidentielle en Centrafrique : Le principal opposant revendique sa victoire et dénonce des irrégularités majeures

Anicet-Georges Dologuélé

Le principal opposant centrafricain, Anicet-Georges Dologuélé, a revendiqué vendredi sa victoire à l’élection présidentielle et dénoncé des irrégularités majeures dans le scrutin.

Candidat pour la troisième fois consécutive, après avoir terminé deux fois dauphin du président sortant Faustin-Archange Touadéra en 2016 et 2021, M. Dologuélé affrontait une nouvelle fois M. Touadéra, favori pour un troisième mandat, lors du quadruple scrutin organisé dimanche dernier (présidentielle, législatives, municipales et régionales).

« Le MCU (Mouvement coeurs unis, parti au pouvoir) est en chute libre dans 17 des 20 préfectures et en recul net à Bangui. Cela veut dire que j’ai gagné ces élections », a déclaré Anicet-Georges Dologuélé lors d’une conférence de presse.

Il a affirmé que son parti a déployé 10.000 représentants à travers le pays, qui ont procédé à des « collectes méthodiques » de données lui permettant d’avancer ces chiffres.

Il a dénoncé « une tentative méthodique de tripatouillage des résultats, avec la complicité active ou passive de segments de l’Autorité nationale des élections et sous pression directe du pouvoir », pour favoriser le président sortant. Sans donner de détails, il a assuré disposer de « preuves » pour étayer ses propos.

« L’URCA (Union pour le renouveau centrafricain, parti de M. Dologuélé) n’acceptera pas une fois de plus que le peuple soit privé de son choix », a-t-il lancé.

« Je l’ai accepté deux fois, cette fois je ne l’accepterai pas », a-t-il ajouté, en référence aux deux précédents scrutins présidentiels, entachés de soupçons de fraude.

Les résultats provisoires sont attendus le 5 janvier. Anicet-Georges Dologuélé, se disant prêt à un recours devant les instances compétentes s’il n’était pas déclaré vainqueur, a appelé le Conseil constitutionnel à « assumer son rôle d’arbitre et de gardien de la souveraineté populaire ».

Le porte-parole du parti au pouvoir a déjà annoncé une conférence de presse pour samedi pour contredire les affirmations de l’opposant.

Source : Afp