Santé : Les résultats d’une évaluation des politiques alimentaires partagés jeudi à Lomé

La table d'honneur, à l'ouverture de la rencontre

Les résultats du projet « Évaluation des politiques et élaboration de stratégies multisectorielles de promotion d’environnements alimentaires sains et durables en Afrique de l’Ouest francophone » ont été dévoilés lors d’un atelier jeudi à Lomé.

Cette rencontre qui intervient après trois ans de mise en œuvre dudit projet, vise à partager les recommandations prioritaires avec toutes les parties prenantes.

Les travaux ont été officiellement lancés par Pr Ihou Wateba (ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche), en présence de Pr Kou’santa Amouzou (point focal du projet) et de Pr Adama Diouf (coordonnatrice régionale dudit projet). Des représentants de structures intervenant dans le domaine de la nutrition étaient également présents.

La rencontre a permis de présenter le projet, ses attentes, les travaux réalisés, les principaux résultats d’évaluation, ainsi que les recommandations prioritaires de ce projet, qui vise l’instauration d’un environnement alimentaire sain au Togo.

– De profondes mutations des systèmes alimentaires –

Selon les organisateurs de cette rencontre, en Afrique, les transitions alimentaires ont entraîné de profondes et rapides mutations au niveau des systèmes alimentaires. Cette situation a favorisé la transition nutritionnelle, caractérisée par une augmentation des maladies chroniques telles que l’obésité, l’hypertension artérielle, le diabète et les maladies cardiovasculaires dans un environnement sanitaire caractérisé par une présence importante de la sous-alimentation.

Au Togo, 23,7% des enfants de moins de 5 ans souffrent de retard de croissance et 6,7%, de la malnutrition aiguë. Chez les adultes, la prévalence de l’anémie est de 48% chez les femmes de 15 à 45 ans. Le surpoids, l’obésité et les maladies chroniques associées, présentent des prévalences constamment croissantes.

Face à ce tableau, ce projet vient répondre à la nécessité d’avoir une approche holistique du système alimentaire, afin d’apporter des solutions en termes de politiques alimentaires et nutritionnelles.

Le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche s’est réjoui de l’initiative et a encouragé les parties prenantes à continuer à jouer leur partition, à travers les politiques qui améliorent la nutrition au Togo, aux plans africain et mondial.

Photo de famille des participants

– Une initiative louable –

« Cette initiative est à louer et à encourager. Faites en sorte que vous puissiez multiplier ces actions et surtout rendre disponibles les résultats de ces travaux pour que les politiques publiques puissent s’en servir, afin d’améliorer la gouvernance alimentaire dans nos pays », a laissé entendre Pr Wateba.

« En mettant des outils d’évaluation des politiques publiques sur les questions nutritionnelles, vous êtes en train d’apporter un regard de critiques sur les politiques alimentaires en Afrique…Que les résultats issus de cet atelier servent à améliorer les systèmes alimentaires non seulement au Togo, mais pour toute l’Afrique car, c’est une question essentielle sur laquelle nous ne cesserons jamais de nous prononcer », a-t-il ajouté.

« Après trois ans de mise en œuvre, nous voilà aujourd’hui réunis pour partager les résultats de ce projet de recherches et surtout de proposer des actions au gouvernement, en vue d’améliorer et de renforcer les politiques publiques et aussi, de promouvoir des environnements alimentaires beaucoup plus durables en Afrique de l’Ouest, et au Togo en particulier », a appuyé Pr Adama Diouf.

Pour Pr Amouzou (point focal du projet), le projet vise la création d’un environnement sain et durable au Togo: « un projet régional sur lequel nous avons quatre autres partenaires : le Burkina Faso, le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Sénégal ». Il a remercié le ministre pour son soutien indéfectible.

Notons que cette évaluation a été menée par l’Université de Kara (à travers le laboratoire de Biochimie des aliments et nutrition), en partenariat avec le laboratoire de recherche en nutrition et alimentation humaine de l’université Cheick Anta Diop. Cette étude a utilisé le module Food-EPI qui propose une approche inclusive, impliquant le maximum d’intervenants impliqués dans la nutrition et la sécurité alimentaire.

Rappelons que des efforts sont en cours au Togo pour l’institutionnalisation de la nutrition. Une nouvelle politique nationale multisectorielle de la nutrition, ainsi qu’un plan stratégique national multisectoriel de la nutrition ont été élaborés. FIN

Ambroisine MEMEDE