Mali: Nombreux morts dans une attaque contre un camp de l’armée malienne

Une attaque imputée à des jihadistes contre un camp de l’armée malienne a fait de nombreux morts vendredi à Mondoro, dans le centre du pays, ont indiqué à l’AFP différents interlocuteurs informés de la situation.

Ces interlocuteurs ont laissé entendre que les morts étaient nombreux dans les rangs des soldats eux-mêmes. Ils s’exprimaient pour certains sous le couvert de l’anonymat, compte tenu du caractère sensible de ces informations. « Il y a eu une attaque jihadiste contre le camp militaire de Mondoro.

Selon les rares témoins, il y a beaucoup de victimes, vraiment beaucoup », a affirmé un élu de la région. Les informations sont parcellaires parce que les communications avec Mondoro, dans une zone reculée, sont coupées, a-t-il dit. « L’attaque a fait de nombreuses victimes », a dit Moussa Ongoiba, membre d’une association de personnes originaires de Mondoro, établi à Bamako.

« Le bilan est lourd », a corroboré Amadou Diallo, habitant de Douentza, ville proche. Les autorités et l’armée malienne ont pour l’instant gardé le silence. Un responsable militaire interrogé par l’AFP a confirmé l’attaque et assuré que « l’armée de terre et l’armée de l’air (avaient) vigoureusement réagi ».

Mais il s’est gardé de communiquer un bilan humain. Le camp de Mondoro, proche de la frontière avec le Burkina Faso, a été à plusieurs reprises par le passé la cible d’attaques de jihadistes cherchant à imposer leur emprise face aux représentations de l’Etat central ou à la présence étrangère.

Une opération contre le camp et celui de Boulkessi, proche, avait fait une cinquantaine de morts parmi les soldats en septembre 2019.

Le camp se trouve dans l’un des principaux foyers de la violence qui, partie du nord du Mali avec des insurrections indépendantiste et jihadiste en 2012, s’est étendue au centre et au Burkina et au Niger voisins.

Les agissements jihadistes, conjugués aux violences intercommunautaires, aux actes crapuleux mais aussi aux exactions de l’armée, ont fait des milliers de morts, civils et militaires, et des centaines de milliers de déplacés.

L’attaque de vendredi survient en pleine reconfiguration militaire. Au cours des derniers mois sont arrivés au Mali de nombreux renforts présentés par les autorités maliennes comme des instructeurs russes et par les Occidentaux comme des mercenaires.

La France et ses alliés européens au sein du regroupement de forces spéciales Takuba viennent, eux, d’annoncer leur retrait militaire du Mali.

Sur fond de vives tensions diplomatiques entre la junte au pouvoir depuis 2020 et certains des partenaires du Mali, au premier rang desquels la France, l’armée malienne ne cesse depuis des semaines de proclamer les succès contre les jihadistes depuis le déclenchement d’une opération en décembre.

SOURCE: AFP