La nouvelle igname est de retour: Les consommateurs se l’arrachent sur les marchés de Lomé en dépit des prix pas à la portée de tous (REPORTAGE)

Photo@Achives

Depuis quelques semaines, le marché des ignames retrouve peu à peu son animation habituelle au grand bonheur des consommateurs passionnés de ce tubercule qui participe à la préparation de tant de mets.

La nouvelle igname est enfin de retour ! Même si les prix ne sont pas toujours à la portée de tous, beaucoup se débrouillent pour se l’acheter, le temps de changer de repas par un bon foufou. On constate ces derniers temps sur le marché de Lomé des mouvements pas tout à fait habituels au niveau des points de vente des tubercules d’ignames. Çà et là, on observe des femmes, jeunes filles et garçons transportant inlassablement des ignames en vente dans des bassines pour se promener dans les maisons et quartiers.

D’autres vendeurs de ce tubercule profitent des espaces libres aux abords des rues pour étaler leurs produits. Dans les marchés comme Gbossimé, et Agoè-Assiyéyé, les commerçantes se bousculent avec les clients, créant parfois des embouteillages sur les routes.

On y rencontre plusieurs variétés à production précoce, notamment : les « Larboko » de Bassar, « Kalati », « les Kandjo », les « Bafon », « Gnabtchi », etc. Chacun choisit selon sa bourse, son goût sa préférence ou ses activités.

La variété « Larboko », très succulente, est le choix de prédilection de bon nombre de consommateurs.

Plus commercialisée et prisée, « Larbako » très sollicitée pour son goût, sa texture et plus indiquée actuellement pour le bon foufou.

Un mets très apprécié, particulier à la cuisine au Togo. Ce tubercule, qui constitue l’aliment de base pour bon nombre, peut également se manger, préparé sous forme de tranches (Etékon en Ewé).

Tout en le mangeant frite (Koliko), l’igname est reconnue pour faire du ragoût très appétissant et son commerce constitue une source de revenus pour des populations.

Dame Noufoh Daré est une commerçante d’ignames au marché de Gbossimé. Elle a fait de ce commerce son activité principale, qu’elle exerce depuis plus de trente ans.

« Je suis dans ce marché avant toutes les femmes. Raison pour laquelle, les gens m’appellent la doyenne. Je fais ce commerce pour nourrir mes enfants depuis le décès de leur papa et je m’en sors très bien. Aujourd’hui, j’ai mes enfants qui travaillent déjà. D’autres sont à l’université et je suis en train de former certaines pour ma relève », a-t-elle déclaré.

Tout comme cette dame, beaucoup de femmes togolaises vivent du commerce des mets dérivés de ce tubercule. Il est très bon pour le foufou, un plat qui se mange accompagné d’une sauce de tomate assaisonnée à la viande de chèvre, de poulet ou du poisson.

D’ailleurs dans mon restaurant ici, c’est l’igname de Kpalimé que nous utilisons et nous avons beaucoup de la clientèle. Notre enseigne, « Meilleur Foufou de Kpalimé en dit long », dit, souriante, Mme Fofouè Kpolou, une détentrice d’un restaurant sur la bretelle de Klikamé à Lomé.

Mais, actuellement, l’igname est confrontée au problème de transit de son principal foyer de culture-Bassar- vers les potentiels points de vente que constituent Lomé et les villes de la Région Maritime.

De réels problèmes de transit affectent les prix

En effet, selon les convoyeurs de cette denrée vers les autres villes du pays, le mauvais état des routes rend l’acheminement très difficile.

« Actuellement, l’igname abonde au Nord du pays. On peut trouver trois gros tubercules à 700 F.CFA. Le problème c’est l’état des routes. Ce qui fait qu’il est un peu plus cher à Lomé », témoigne Mme Damba, revendeuse à Agoè.

« Au marché ici, tu peux trouver trois tubercules moyens à 2.000 F.CFA. Si c’est un peu gros, nous les vendons à 3.000 F ou 3.500 F le tas de trois. Pour trouver de bons tubercules de Bassar, nous passons la commande auprès des cultivateurs directement dans les champs. Ce qui fait que nos marchandises se prennent vite quand nous arrivons à Lomé. Quelquefois, nous rencontrons des acheteurs des pays voisins. Car l’igname du Togo est la meilleure », explique Mme Rafiétou Some, un peu résignée par les prix relativement élevés par rapport à la bourse moyenne du Togolais lambda. Comme d’autres revendeuses, elle justifie ces prix par le coût du trajet et d’autres facteurs.

« Actuellement, le pont +Konan+ reliant Bassar à Sokodé a cédé. Pour rejoindre Lomé, nous sommes obligées de passer par Kara, ce qui rend le trajet plus long et coûteux. De plus, les transporteurs sont devenus plus chers que par le passé, du fait de la réduction du nombre de passagers dans les véhicules de transport en commun pour faire face à la propagation de la COVID-19 », se plaint une grossiste.

Au Togo, l’igname est principalement cultivée dans les Régions de la Kara, Centrale et des Plateaux. Elle fait partie de l’alimentation de base pour certains peuples, qui inaugurent la consommation de ses prémices par des rituels sur fond de festivités en reconnaissance aux mânes des ancêtres.

On peut actuellement se procurer l’igname sur le marché avec d’autres produits tels que des tomates, les oignons, les piments verts, les légumineuses et les viandes pour mieux assaisonner les repas.

SOURCE : TOGO PRESSE (Gisèle SONHAYE-NAPO-KOURA)