De la terre à la table : La santé, une priorité (DOSSIER)

Hamburger, Chawarma, pommes frites au poulet, Ketchup, mayonnaise et moutarde, …. beaucoup de gens (surtout les femmes) se laissent aller à la mal-bouffe, ignorant ou négligeant complètement les conséquences sur leur santé. Ils mélangent volontiers viandes, poissons, crevettes et crabes, … dans une même sauce ; plat qui sera arrosé de vin, de bière ou sucreries et plein de friandises. La consommation excessive de produits gras ou sucrés est pourtant source de plusieurs maladies et anomalies dont le diabète et l’hypertension artérielle (pathologie cardiovasculaire définie par une pression artérielle trop élevée).

– Obésité, diabète, hypertension : un Tridem mortel –

De nos jours, de plus en plus de jeunes sont obèses, le fait est plus palpable au sein de la gente féminine. Selon les chiffres de l’OMS publiés en 2018, on compte un million de togolais hypertendus. Interrogés, nutritionnistes et professionnels de la santé, indexent la mauvaise qualité de l’alimentation.

Selon le ministre de l’agriculture (lors du lancement de l’opération Telefood), aujourd’hui, les AVC préoccupent : « Aujourd’hui, le premier problème que nous avons, c’est la question des AVC dont on ne parle pas souvent, mais qui est intrinsèquement liée à notre alimentation. Nous devons commencer par communiquer suffisamment sur la qualité nutritionnelle, notre alimentation. Nous devons être très vigilants en faisant attention à ce que nous mangeons ».

Pour Tobossi (Infirmier diplômé d’État) qui a aussi fait des recherches en nutrition, la consommation excessive d’aliments caloriques est la principale cause de surpoids et d’obésité. D’autres facteurs favorisent également la prise excessive de poids, comme le manque d’exercices physiques.

« L’obésité a des conséquences sur tout l’organisme : le foie, les reins, le pancréas, les yeux, et même des répercussions sur la vie sexuelle. Il nous faut donc surveiller notre alimentation, et revoir nos méthodes culinaires qui favorisent la prise de poids, puis éviter la sédentarité, car l’obésité morbide prend de l’ampleur. Aujourd’hui les communications vont dans le sens du retour à la terre, à nos valeurs nutritionnelles », a-t-il ajouté.

– De la terre à la table : le naturel valorisé –

Aujourd’hui, il est plus que profitable pour la santé, que nous valorisons la consommation locale, des produits typiquement togolais, transformés au Togo.

Selon Tata Yao Ametoegnienou (directeur exécutif de l’Organisation pour l’alimentation et le développement local/OADEL), aujourd’hui, le malheureux constat est que notre mode d’alimentation est tourné vers les produits importés, qui sont riches en colorants, additifs, sucre, sel et mauvais gras, sources de maladies. Foncièrement contre la mauvaise alimentation, ce dernier a d’ailleurs édité un livre de cuisine à base de produits locaux pour aider ses concitoyens.

« Il existe des produits locaux qui peuvent valablement suppléer ces produits extérieurs, mais que les consommateurs ne connaissent pas ou parfois, délaissent pour diverses raisons : l’ignorance, les préjugés, une transformation locale insuffisante des produits agricoles bruts, l’absence de publicité et le +prestige+ lié à la consommation des produits importés. Mais le bon choix alimentaire, c’est de privilégier la consommation des produits locaux transformés et conditionnés. Ils sont produits dans des conditions écologiques optimales. De plus, nos producteurs aussi en tirent profit », a-t-il indiqué.

La mauvaise alimentation conduit au surpoids, à l’obésité…

Pour Afi Amevo (sociologue, spécialiste en questions urbaines), nous devons être à l’écoute des besoins effectifs de notre corps et jouer la carte de la modération.

« La mauvaise alimentation conduit au surpoids, puis à l’obésité et d’autres maux qui peuvent nous appauvrir. Le constat est beaucoup plus frappant en zones urbaines. Revenir à la consommation locale, serait d’une précieuse aide dans la lutte contre l’obésité et les maladies comme le diabète et l’hypertension artérielle. De plus, nous valorisons ainsi nos produits, et soutenons indirectement nos producteurs… ».

Ces dernières semaines, Koutéra Bataka (ministre de l’agriculture, de la production animale et halieutique) s’est fortement lancé dans une vaste lutte, afin de promouvoir la consommation de la volaille locale.

Le 18 mai dernier, il a sommé les acteurs de la filière avicole, importateurs et distributeurs de produits carnés, de s’approvisionner sur le marché local, conformément aux engagements pris. FIN

Ambroisine MEMEDE

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