Présidentielle : Les contestataires doivent avoir la « présence d’esprit de reconnaître leur erreur, de faire le bilan et de dire: faisons autre chose » (CAR, opposition)

La présidentielle du 25 avril a rendu son +verdict+ depuis le 3 mai, après l’annonce des résultats définitifs de la Cour constitutionnelle créditant Faure Gnassingbé de 58,77% des suffrages contre 35,19% pour son principal adversaire Jean Pierre Fabre. Ce dernier conteste les résultats, dénonçant de « graves irrégularités ».

Mais les observateurs (nationaux et internationaux) déployés sur le terrain, n’ont pas dénoncé de fraudes. Ils ont jugé ce scrutin libre et transparent.

Les contestataires doivent avoir la « présence d’esprit de reconnaître leur erreur, de faire le bilan et de dire : faisons autre chose », a martelé ce mercredi Jean Kissi, le secrétaire général du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR, deuxième force politique de l’opposition).

Le CAR avait appelé au boycott du scrutin, les réformes politiques n’ayant pas été opérées. Les responsables de cette formation politique étaient face aux professionnels des médias ce mercredi.

« Nous savons que l’issue des élections ne nous convient pas. (…) on n’aurait pas organisé les élections qu’on réfléchirait à autre chose. Le Togo aurait avancé « , a souligné.

M.Fabre n’avait fait de recours devant la Cour constitutionnelle, estimant que l’Institution est +inféodé+ au pouvoir en place. Ce dernier a d’ailleurs appelé ses militants et sympathisants à une marche de protestation samedi prochain à Lomé.

« On ne peut pas nous dire que les conditions sont remplies pour aller à une élection avec une Cour constitutionnelle qui est dans cet état là, aller à ces élections, refuser de la saisir pour dire qu’on a pas confiance », a précisé Me Dodji Apévon, président du CAR.

« C’est un peu tordu comme démarche », a commenté M.Apévon.
Au cours de la conférence de presse, le CAR a publié une déclaration liminaire intitulée « Il est temps de changer de méthode » afin d’aboutir à des réformes consensuelles.

Pour le CAR, « il est temps que tous les togolais soucieux de l’avenir du pays se concertent pour faire procéder aux réformes en vue de sortir le pays de l’impasse ».

Ces réformes à la fois politiques et économiques devraient concerner les institutions de l’Etat (Céni, Cour constitutionnelle notamment), la limitation du mandat présidentiel, le retour au scrutin présidentiel à 2 tours, la loi sur la décentralisation, la répartition équitable des richesses nationales et l’instauration d’une « démocratie normale ».

Et pour y arriver, il faut « changer de méthode », aller au dialogue, accepter des compromis pour aboutir au consensus.

A en croire Me Dodj Apévon, il ne sert plus à rien d’imposer son diktat, la volonté doit venir aussi bien du pouvoir que de l’opposition.

« Les deux volontés politiques doivent se rencontrer pour faire des réformes. Si ça manque d’un côté, on aura pas de réformes » a-t-il opiné.

« Si aujourd’hui, il faut faire un pas vers le pouvoir en place pour les amener à ce que nous puissions trouver ce schéma là, nous sommes prêts à le faire » a renchéri M. Kissi. FIN

En Photo: Les responsable du CAR, lors de la conférence de presse

Anani Elom AGBOH

www.savoirnews.net, l’info en continu 24/24H