Côte d’Ivoire: Près de 1.000 interpellations liées aux enlèvements d’enfants (ministre)

Près de 1000 personnes ont été interpellées depuis mercredi en Côte d’Ivoire pour tenter d’enrayer la vague d’enlèvements et de meurtres d’enfants qui frappe le pays depuis quelques mois, a annoncé lundi le ministre de la Défense.

Les personnes interpellées sont « essentiellement des individus fréquentant les cybercafés et rôdant autour des écoles », a affirmé le ministre ivoirien Paul Koffi Koffi lors d’une conférence de presse.

Depuis trois mois, la police ivoirienne a traité 25 dossiers d’enlèvement d’enfants, dont la plupart ont été suivis de meurtres, parfois de mutilations.

La vague d’assassinats a créé une psychose en Côte d’Ivoire, et les alertes enlèvement très détaillées se multiplient par SMS ou sur les réseaux sociaux, où des appels au meurtre des « tueurs d’enfants » sont aussi diffusés.

Pour l’heure, les autorités n’ont pas établi de lien entre ces différents enlèvements mais le ministre de la Défense a évoqué la piste de « cybercriminels » et d’une « filière de crimes rituels ».

Depuis mercredi, « près de 550 cybercafés non autorisés ont été fermés par la gendarmerie nationale sur l’ensemble du territoire », a ajouté M. Koffi Koffi.

Les autres cybercafés doivent fermer leurs portes à 21H00. L’Etat ivoirien a déployé 1.500 agents des forces de sécurité autour des zones à risque, comme les écoles ou les forêts.

Paul Koffi Koffi a également déploré les « fausses rumeurs » qui ont conduit à plusieurs cas de lynchage et a appelé les populations à « garder leur sérénité ».
La population ivoirienne désigne, sans preuve, les « brouteurs », des délinquants spécialisés dans les escroqueries sur internet, comme les auteurs de ces crimes.

« Ces criminels sont en majorité des brouteurs. Ces criminels ignobles, nous allons tous les arrêter et les mettre en prison », avait affirmé vendredi la ministre de l’Education Kandia Camara, reprenant à son compte les accusations populaires.

La Côte d’Ivoire sort d’une décennie de crise politico-militaire dont les violences postélectorales de 2010-2011 ont constitué l’épilogue, faisant plus de 3.000 morts en cinq mois.

Les rumeurs les plus folles ont toujours circulé pendant les années d’élections en Côte d’Ivoire sur les disparitions de personnes, notamment les albinos, à des fins de sacrifices humains. Un scrutin présidentiel est prévu pour le mois d’octobre.

SOURCE : AFP