Affaires incendies des marchés : Amnesty International pour une « enquête indépendante » sur le décès d’Étienne Yakanou

Amnesty International a invité les autorités togolaises à ouvrir une « enquête indépendante » sur le décès d’Étienne Yakanou, l’une des personnes en détention préventive dans l’affaire des incendies des marchés, décédé vendredi dernier.

Membre de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC, opposition de Jean Pierre Fabre), M.Yakanou était le président de la sous-section Avé-Maria et membre du bureau fédéral du Golfe.

Une vive polémique a éclaté au lendemain du décès de ce dernier. Selon le Procureur de la république Essolissam Poyodi, ce membre de l’ANC est décédé d’un « arrêt cardiaque », suite à une crise de paludisme après un « traitement approprié » que le personnel soignant lui a administré « en prescrivant notamment de la quinine et du sérum en présence constante de son épouse qui était à son chevet ».

Explications balayées du revers de la main par le Collectif « Sauvons le Togo » (CST) et la Coalition « Arc-en-ciel » qui dénoncent une « violation du droit à recevoir des soins médicaux » et la « non assistance à personne en danger ayant entraîné la mort ».

Ces deux regroupements dénoncent un « acte de barbarie » et exigent que les « responsabilités soient clairement établies dans cet évènement tragique en vue des suites judiciaires ».

Dans un communiqué rendu public, Amnesty International appelle les autorités togolaises « à ouvrir une enquête indépendante sur le décès d’Étienne Yakanou, afin de déterminer clairement les raisons pour lesquelles il n’aurait pas reçu à temps un traitement médical adéquat. Les autorités se doivent de prodiguer sans délais les soins nécessaires aux détenus conformément aux normes internationales relatives à la détention. Faute de quoi, l’état de santé de certains détenus risque d’empirer gravement et entraîner d’autres décès ».

« Le refus ou le retard à prodiguer des soins médicaux met en danger la vie d’opposants politiques actuellement détenus au Togo. Cette absence de prise en charge médicale en temps voulu est d’autant plus préoccupante que ces personnes sont soumises à des conditions de détention difficiles qui affaiblissent ou aggravent leur état de santé. Cette absence de prise en charge médicale en temps voulu est d’autant plus préoccupante que ces personnes sont soumises à des conditions de détention difficiles qui affaiblissent ou aggravent leur état de santé », souligne Amnesty International dans son communiqué intitulé « Togo: Usage excessif de la force et décès en détention ».

Selon l’organisation de défense des droits de l’Homme, »l’état de santé d’autres détenus est également préoccupant. C’est le cas notamment de Mohamed Loum, actuellement détenu à la prison de Lomé, dans le cadre de cette même affaire des incendies des marchés qui a affirmé à une délégation d’Amnesty International venue lui rendre visite qu’il souffrait de malaises liés aux coups reçus durant sa détention à la gendarmerie, visant à lui extorquer des aveux à l’encontre de certains responsables de l’opposition ».

Amnesty International exige également une « enquête indépendante » sur le décès de l’élève de 12 ans tué par balle le 15 avril dernier à Dapaong, lors d’une manifestation des élèves. Un autre élève de 22 ans est également décédé, trois jours plus tard, suite à ses blessures, selon des journaux. Information rejetée par le procureur de la ville pour qui, cet élève est plutôt décédé d’un arrêt cardiaque lors d’une intervention chirurgicale.

Trois fonctionnaires de police, ainsi que le commandant de l’unité ont été mis aux arrêts de rigueur, avait indiqué le 23 avril dernier, le ministre de la sécurité, le Colonel Yark Damehane. L’auteur du tir ayant tué l’élève de 12 ans, a été traduit en justice conformément à la procédure en vigueur, avait-il précisé. FIN

Junior AUREL

Savoir News, une équipe jeune et dynamique

www.savoirnews.net, l’info en continu 24/24H