Le secteur de l’enseignement public paralysé ce mercredi, pour raison de grève de 72 heures

Le secteur de l’enseignement a été paralysé ce mercredi au Togo, suite à une grève de « mécontentement » de 72 heures déclenchée par des syndicats de ce secteur, a constaté l’Agence Savoir News.

Les activités pédagogiques étaient « mortes » dans la plupart des collèges, lycées et écoles primaires publics, suite à l’appel de certains syndicats de l’enseignement dont la Fédération des Syndicats de l’Education Nationale (FESEN) et l’Union des Fédérations et Syndicats Autonomes du Togo (UFESAT).

Mercredi en milieu de matinée, la cour de récréation du lycée de Tokoin n’a pas connu l’animation habituelle. Des élèves s’amusaient, les professeurs étant restés chez eux.

Certains rencontrés sur les lieux, menaient de petites discussions dans la « salle des profs ». Deux d’entres eux lisaient des journaux parus ce mercredi.

A la question de savoir si le mot d’ordre de grève a été suivi, l’un des enseignants, grand de taille, vêtu d’une chemise carrelée de couleur rouge bordeaux, lance: « Pour être honnête, cette grève est bien suivie. On ne doit plus nous tromper au Togo. Lorsqu’on prend un engagement, il faut le respecter. Ce n’est pas normal »

Une autre enseignante, robe de couleur beige, les tresses en bataille renchérit: « Les enseignants sont marginalisés. On ne nous considère pas, sinon, l’accord signé doit normalement être appliqué. Pourquoi à la fin du mois de janvier, nous n’avons pas constaté dans nos comptes qu’on nous a versé ce qu’on demandait depuis ? On attend toujours la décision de la base. C’est pourquoi nous ne tenons pas la craie aujourd’hui et ce, jusqu’à vendredi ».

Par contre, au lycée moderne d’Adidogomé, deux enseignants ont occupé les élèves. Rencontré dans la cour, Jules Mensah, professeur de Mathématique se félicite, la grève ayant été bien suivie dans cet établissement.

« La grève est bien suivie ici. Il n’y a que deux professeurs qui travaillent avec les élèves », se réjouit ce dernier.

A l’école primaire d’Avédji comme dans d’autres visitées par l’Agence Savoir News, il n’y a pratiquement pas eu cours ce mercredi. Quelques rares élèves rencontrés étaient abandonnés à eux-mêmes et s’adonnaient à de petits jeux.

Interrogés, certains élèves d’Avédji ont répondu en chœur : « Les maîtres sont en grève. Ils ne sont pas payés..

N’empêche, certains se plaignent de ces grèves intempestives des enseignants depuis le début de l’année.

« Les enseignants sont tout le temps en grève. Ce n’est pas bon pour nous », se plaint Judith, élève en classe de 4e rencontrée devant le Lycée d’Adidogomé.

Les enseignants grévistes demandent au gouvernement de « respecter ses engagements »: augmenter les salaires de 10 à 12% au lieu des 5% constatés fin janvier.

Membres du gouvernement et responsables de toutes les centrales ont repris ces trois derniers jours, les négociations. Pour le moment, aucun accord n’a été signé.

Rappelons que le secteur de l’éducation est secoué ces dernières semaines, par des mouvements de débrayages, les enseignants exigeant une amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Ils réclament notamment des primes de rentrée et de la bibliothèque, ainsi que des cotisations sociales.

Cette situation a conduit le 29 décembre à la mise en place d’un Cadre permanent de concertation entre syndicats de l’éducation et gouvernement. Ce Cadre a abouti le 17 janvier à un accord entre gouvernement et responsables du bureau exécutif fédéral de l’Union des Syndicats de l’Education togolaise (USET).

Nicolas KOFFIGAN

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