90èmes assises du CST de l’AAE: Les travaux se tiennent à Abidjan, « accélérer l’accès à un service durable d’eau et d’assainissement pour tous »

Des participants

Les 90èmes assises du Conseil Scientifique et Technique (CST) de de l’Association Africaine de l’Eau (AAE) ont été ouvertes lundi à Abidjan (Côte d’Ivoire), rencontre de trois jours placée sous le thème : « Systèmes, approches et outils innovants pour accélérer l’accès à un service durable d’eau et d’assainissement pour tous ».

Le CST est l’organe permanent de l’AAE. Il est constitué par les membres de l’Association et a pour mission d’étudier les problèmes d’ordre managérial, juridique, financier, scientifique et technique liés au secteur de l’eau et de l’assainissement auxquels ses membres peuvent être confrontés. Le CST se réunit deux à trois fois par an dans une capitale africaine.

L’AAE de son côté, regroupe les sociétés de production et de distribution d’eau potable, celles qui gèrent les services d’assainissement, ainsi que celles qui régulent les politiques sectorielles dans les pays africains.

Plusieurs interventions ont meublé la cérémonie d’ouverture de ces assises, présidée par M.Bouaké Fofana, ministre ivoirien de l’hydraulique, de l’assainissement et de la salubrité. Etaient également présents : MM.Sylvain Usher (Directeur Exécutif de l’AAE) et Ahmadou Bakayoko, Directeur général de la Société de Distribution d’Eau de Côte d’Ivoire (SODECI).

« L’eau c’est la vie, l’assainissement c’est la dignité ; et il est de notre devoir de leur accorder toute notre attention, afin de laisser aux générations futures un héritage sain, accessible», a souligné le Directeur Exécutif de l’AAE.

« Le 28 juillet 2010, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution historique, qui reconnaît que +le droit à l’eau potable et à l’assainissement est un droit de l’homme, essentiel à la pleine jouissance de la vie et à l’exercice de tous les droits de l’homme+. Pour renforcer cette résolution, les Objectifs de Développement Durable ont été adoptés en 2015. L’accès à l’eau et aux services d’assainissement y figure en 6ème position, et vise un accès universel et équitable à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement d’ici 2030, en particulier pour les populations vulnérables », a rappelé Sylvain Usher.

Ce dernier, chiffres à l’appui, a dressé l’état de la situation dans le monde et en Afrique.

L’Afrique, le continent ‘le plus affecté’

Dans le monde, à peu près 2,1 milliards de personnes, soit 30% de la population mondiale, qui n’ont toujours pas accès à des services d’alimentation domestique en eau potable, et 4,5 milliards, soit 60%, qui ne disposent pas de services d’assainissement adéquats.

« Les pays en développement et en particulier notre continent, l’Afrique en est le plus affecté », a souligné M.Usher.

« Environ 350 millions de personnes bénéficient de l’impact des activités de l’Association Africaine de l’Eau, pour l’alimentation en eau potable, et parmi elles, 285 millions vivent en zone urbaine, et 65 millions en milieu rural. En ce qui concerne l’assainissement, l’AAE influence la qualité des services de plus de 110 millions de personnes vivant en milieu urbain, sur le continent africain», a-t-il dressé avant d’ajouter : « Mais ceci n’est pas suffisant ».

Selon le Directeur Exécutif de l’AAE, ce retard de l’Afrique dans l’atteinte de ses objectifs lié à l’eau et l’assainissement pour le bien être de ses populations, « a des causes endogène et exogènes, et qui interpellent l’Association Africaine de l’eau qui se doit de jouer sa partition en tant qu’unique organisation panafricaine du secteur et qui s’est fixé pour mandat de renforcer les capacités des acteurs pour une meilleure performance du service ».

Il a surtout mis l’accent sur les nombreux défis internes aux services à relever. Il s’agit notamment de la « faible maîtrise de la réduction de l’Eau-Non-Facturée par les sociétés d’eau et de la faible maîtrise de la gestion de l’assainissement pour lequel plus de 80% de la population africaine en dépendent et qui à ce jour, ni la gouvernance, ni les compétences techniques et managériales, ni les financements dans nombreux de nos pays, ne sont adéquats pour nous conduire à l’espoir ».

Les défis sont « prépondérants mais pas insurmontables »

Selon le Directeur général de la SODECI, « les défis à relever pour favoriser l’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement à tous, sont prépondérants mais pas insurmontables ».

Vue partielle de l’assistance, à l’ouverture des assises

« Votre présence massive ici, témoigne de votre foi en l’importance de la concertation et du partage des connaissances pour identifier et mettre en œuvre les solutions idoines afin de sortir notre continent de ses difficultés », a salué Ahmadou Bakayoko.

« Je me réjouis que vous ayez fait le choix d’associer une fois de plus vos voix aux nôtres pour débattre des vrais problèmes que rencontrent les populations africaines en matière d’accès à l’eau et l’assainissement », a-t-il lancé.

Plusieurs activités sont prévues durant ces assises dont un panel de haut niveau sur les secteurs de l’eau et de l’assainissement en Côte d’Ivoire, des conférences techniques des journées portes ouvertes et des travaux des commissions spécialisées.

Les conférences vont porter sur plusieurs communications : « la gestion intelligente de l’eau », « la débitmétrie par ultrasons, un outil de contrôle de la performance des réseaux et de la maintenance préventive », « le développement des axes d’accès aux performances des sociétés d’eau et d’assainissement », « AVK : leadership mondial et engagement local ». FIN

Junior AUREL

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