Niger: Un prêtre blessé par balle dans l’attaque d’une église près du Burkina

Photo@Archives.

Un prêtre nigérien a été blessé lundi soir par balle dans l’attaque d’une église catholique dans le village de    Dolbel, dans la région de Tillabéri, zone de l’ouest proche du Burkina Faso et du Mali en proie à des attaques jihadistes récurrentes, indiqué mardi la mission catholique du Niger.

Six personnes, dont le curé, sont mortes dimanche dans une autre attaque contre une église, à Dablo, au Burkina voisin, à plusieurs centaines de kilomètres de Bolbel et sans qu’on puisse établir de lien entre les deux.

« Deux individus armés, à moto, se sont rendus chez la femme du gardien de l’église (de Dolbel) pour lui demander +où sont les prêtres ?+. Elle a répondu +ils ne sont pas là+, alors les assaillants se sont énervés et ont commencé à tirer des coups de feu. Les prêtres sont sortis et l’un a reçu deux balles au pied et à la main », a déclaré à l’AFP Thomas Codjovi, chargé de la communication de la mission catholique du Niger, citant des sources locales.

Le prêtre blessé « va mieux » et « il est actuellement sous la protection d’un détachement militaire basé à Wanazarbé », une localité proche, « en attendant son évacuation sur Niamey », a assuré Thomas Codjovi.

Les assaillants, dont le nombre exact n’est pas déterminé, sont ensuite repartis avec « un véhicule de la mission ». L’un des deux prêtres » en poste à Dolbel « a déjà  été acheminé dans la capitale pour plus de sécurité », a-t-il ajouté.

L’église de Dolbel est située dans le département de Téra, à quelques km du Burkina Faso et à une trentaine de km du Mali. Elle a été créée en 1957 et son fondateur, Antoine Douramane Tahirou, issu de l’ethnie songay, est décédé à près de 100 ans. Il avait embrassé la religion chrétienne dans l’armée, selon des sources locales.

C’est la première attaque directe d’une église au Niger par des hommes armés mais en mars 2016, à la veille du scrutin présidentiel, Dolbel avait déjà été attaqué par des éléments lourdement armés venus en motos et à bord d’un 4X4, qui ont tué trois gendarmes. Le ministère nigérien de l’Intérieur avait attribuée l’assaut à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

L’armée nigérienne s’est déployée massivement fin 2018 pour chasser des groupes jihadistes venus du Mali et du Burkina Faso qui tentaient d’étendre leur influence dans l’ouest du Niger placée sous Etat d’urgence.

En septembre 2018, un prêtre italien, Pier Luigi Maccalli, avait été enlevé par des hommes armés à son domicile de Bamoanga, un village du département de Torodi, voisin de Téra. En avril 2018, un humanitaire allemand avait été enlevé à Ayorou proche de Téra.

Après la publication de caricatures du prophète Mahomet par Charlie Hebdo en France en 2015, des émeutes anti-chrétiennes avaient fait dix morts à Niamey et détruit la plupart des églises. Le président Mahamadou Issoufou est souvent surnommé « Charlie » par des musulmans radicaux qui lui reprochent de s’être rendu à Paris après l’attentat.

Pays majoritairement musulman, le Niger compte 1 à 2% de chrétiens sur une population de plus de 20 millions d’habitants.

Les zones de Téra et Torodi sont deux des secteurs où on trouve une plus grande concentration de chrétiens. La cohabitation avec les musulmans se passe habituellement sans problème. L’archevêque de Niamey, Laurent Lompo, premier archevêque nigérien est originaire de Torodi.

SOURCE : AFP

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*