Mme Mablé Agbodan: « Je me donne des défis à relever et j’essaie également de me donner les moyens de les atteindre »

La journée internationale de la femme, est célébrée ce vendredi 8 mars. Thème cette année: « Penser équitablement, bâtir intelligemment, innover pour le changement ».

Pour sa nouvelle rubrique « FEMME BATTANTE », l’Agence Savoir News a approché pour le premier numéro, Mme Mablé Agbodan, architecte d’intérieur  de formation et designer. Elle est également la fondatrice du Club des Métiers d’Art et d’Artisanat du Togo.

Savoir News : Madame, vous voudriez bien vous présenter à nos lecteurs.

 

Mablé Agbodan : Pour faire simple, disons déjà que je m’appelle Mablé Senamé Agbodan. Et je peux vous avouer que j’adore tellement ce nom qu’il est devenu le cœur même de l’identité de ma marque.

Je suis Architecte d’intérieur  de formation et designer, Fondatrice du Club des Métiers d’Art et d’Artisanat du Togo qui n’est qu’une action de la Fondation Mablé Agbodan.

Vous êtes considérée aujourd’hui comme l’une des femmes battantes au Togo. Comment êtes-vous arrivée à ce stade?

 

Merci ! J’ai compris très tôt que l’on peut tout avoir par rapport à l’effort personnel fourni. Toute ma vie, je me donne des défis à relever et j’essaie également de me donner les moyens de les atteindre.

Est-il facile pour une femme togolaise de percer dans la vie active ? Si non, pourquoi ?

La vie est faite de perpétuels défis, et ces défis n’existent que parce que nous sommes capables de les relever. Les défis n’ont pas de sexe, ils ne sont ni masculin, ni féminin.

J’ai énormément d’admiration pour toutes ces femmes africaines, qui sont les socles de leur foyer, qui se lèvent tôt le matin et sont les dernières à se coucher.

Malheureusement, la valeur de nos traditions a beaucoup pesé sur leur impact dans la vie active en dehors de leur foyer. Et c’est une victoire que de voir tant en qualité qu’en quantité, des femmes émerger de nos jours.

Et pourtant, la valorisation de nos savoir-faire traditionnels et ancestraux passe aussi par ces femmes qui utilisent leur temps à faire de petits gestes quotidiens mais à très fort impact social.

En fait, le problème se pose au niveau de notre culture que nous ne valorisons pas assez.

Du moment où, nous-mêmes ne donnons pas de grandeur, de classe, de mérite à ce que nous possédons culturellement, ce serait difficile de les voir en grand et de leur donner la juste appréciation.

Alors quel est votre secret vous ? Partagez-le avec vos jeunes sœurs.

Je préfère leur donner des objectifs clairs à atteindre.

Le 8 mars, c’est la journée de femme. Avez-vous l’impression que la célébration de cette journée a changé quelque chose ces dernières années, par rapport à la situation de la femme africaine ?

 

Cette journée mérite d’exister. Mais, en plus, il faut qu’on mette en place des lois. Et que ces lois aient le mérite d’exister et qu’on se batte pour les faire valoir.

Que manque-t-il réellement à la femme africaine pour être épanouie ?

 

Je continue de penser personnellement que les choses évoluent, mais il nous manque toujours beaucoup d’affirmation et d’assurance personnelle.

Qu’avez-vous à l’endroit de vos jeunes sœurs togolaises ?

 

Malgré les obstacles qui se dressent sur les chemins de notre émancipation totale, notre rôle est de continuer de nous affirmer.

Que les femmes prennent la responsabilité de leur vie quelle que soit leur situation, de :

– arrêter de se victimiser ;

– croire en leurs capacités ;

– apprendre à décider de leurs vies ;

– apprendre à dire « NON » quand il faut ;

– apprendre et cultiver leur indépendance ;

– apprendre à faire face à leurs problèmes ;

– aider les autres femmes tant que vous pouvez ;

– apprendre à s’affirmer et se battre pour leurs places ;

– se donner des objectifs clairs et des délais pour les atteindre ;

– ne pas avoir honte de leur statut, qu’elle soit mariée ou célibataire. FIN

Propos recueillis par Ambroisine MEMEDE

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