Le Burkina Faso et la conduite du processus électoral dans un contexte sécuritaire fragile

Adama KERE, Vice Président de la CENI du Burkina Faso.

Prévenir et atténuer les violences en périodes des élections revient au Burkina Faso, à poser des jalons en vue de ne pas arriver à des conflits ouverts.

Intervenant au cours de l’atelier de la Cedeao et des Nations Unies sur les bonnes pratiques électorales en Afrique de l’ouest, pour prévenir et répondre aux violences liées aux élections dans la région, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) du Burkina Faso réfléchit en termes de programme de prévention des conflits et des défis et domaines à améliorer.

Des avis de M.Adama Kéré (Vice-Président, CENI/BF) et de Mme Sophie Kamma/Ouédraogo (Direction du fichier électoral), les défis qui s’imposent pour une bonne organisation des élections sont avant tout de renforcer l’éducation du citoyen au vote et de constituer un fichier électoral en phase avec le nombre de personnes en âge de voter.

« Il urge de conduire le processus électoral dans un contexte sécuritaire fragile et de prendre en compte dans le processus, les électeurs déplacés internes et refugiés, du fait des problèmes sécuritaires dans certaines régions du pays » a affirmé Adama Kéré, Vice-Président, CENI/BF.

Selon  Sophie Kamma/Ouédraogo,  de la Direction du fichier électoral, en termes de prévention des conflits et avec l’appui de IFES, ECES, PNUD (Programme d’appui aux élections) pour les élections municipales de 2016,  il a été mis en place une cellule de monitoring des conflits électoraux.

« Des points focaux et volontaires VNU sont postés dans les communes considérées comme zones « d’alerte précoce ». Ces derniers collectent régulièrement les informations sur le terrain, les communiquent à la cellule qui les traitent et les analysent, uis sont entreprises des activités de médiation qui impliquent toutes les personnes ressources pour leur résolution » a-t-elle affirmé.

Au Burkina Faso, les dispositions juridiques qui encadrent les élections, les relations entre la CENI et la classe politique, le système de centralisation des résultats ont garanti, en 2015 et 2016, une transparence dans l’organisation de la dernière élection présidentielle couplée avec les législatives ainsi que l’élection municipale.

«En plus de ce dispositif, nous avons eu un programme de prévention des conflits aux élections municipales de 2016 » selon Adama Kéré, vice-président de la CENI/BF.

Il y a lieu de souligner que le plus souvent, les violences électorales ont leur source dans la perception d’une non-transparence du processus électoral.

Au Burkina Faso, la CENI est indépendant et équilibré dans sa composition tripartite pour un mandat de 5 ans avec une administration de fonctionnaires et contractuels experts électoraux.

Selon Adama Kéré, si des actions combinées ont permis de prévenir les violences électorales en 2015, il reste à les capitaliser pour réussir celles de 2020, perçues par certains observateurs de la scène politique nationale comme des « élections à risques potentiels élevés».

Précisons que de nombreux défis majeurs sont à relever  au Burkina Faso pour réussir le challenge de faire aussi bien qu’en 2015, à défaut de faire mieux. Pour rassurer les différents acteurs, la CENI a pris l’initiative de faire auditer son fichier par des experts de l’OIF en 2015.

 

Crédo TETTEH, envoyé spécial à Accra

 

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