Dominique Bussereau: « Les transports, au 21e siècle, sont les conditions essentielles de développement de l’Afrique »

Dominique Bussereau, ancien ministre de l’Agriculture, ancien ministre des Transports et du Budget et député séjourne à Lomé dans le cadre d’une conférence qu’il a animée sur le thème: « les transports au 21e siècle et le développement de l’Afrique ». Pourquoi ce thème ? Quelle est la place des transports dans l’économie d’une nation ? Est-ce que les Etats africains accordent une importance aux transports ? etc, une série de questions posées M. Bussereau dans une interview exclusive à l’Agence Savoir News.

Savoir News : Vous êtes à Lomé dans le cadre d’une conférence que vous avez animée lundi sur le thème: « les transports au 21e siècle et le développement de l’Afrique » Pourquoi avez-vous choisi ce thème ?

Dominique Bussereau : Cette conférence se situe dans le cadre d’une école et d’un grand groupe de formation française HEC PARIS qui a mis en place au Togo depuis 2010 un programme qui s’appelle « ATENS » qui signifie +avançons tous ensemble+, un nom qui a été choisi par le comité de pilotage dédié à ce programme qui a déjà reçu au Togo trois anciens Premier ministres français: Laurent Fabius, Michel Rocard et Jean-Pierre Raffarin ainsi que l’ancien ministre des Affaires Etrangères Hubert Védrine. Et c’est dans ce cadre, qu’il m’a été proposé de venir parler du grand sujet pour l’Afrique que sont les transports et les infrastructures.

Q: Quelle place peuvent occuper les transports dans l’économie d’une nation ?

R : place fondamentale. D’abord seuls des moyens de transports modernes peuvent permettre à un pays de vivre dans la mondialisation. Par exemple, 90% des échanges dans le monde se font par la voie maritime. Il y a besoin de mobilité des personnes pour des raisons professionnelles, familiales, donc un besoin de mobilité croissant. Ensuite dans le cadre de l’urbanisation dans le continent, aujourd’hui l’Afrique a dépassé la Chine en matière d’urbanisation, il y a des besoins quotidiens de travail. Donc la dimension des transports est devenue essentielle dans la vie économique et sociale au 21e siècle.

Q : Avez-vous le sentiment que les pays africains en général et le Togo en particulier accordent une grande importance au secteur du transport ?

R : , c’est aujourd’hui la condition essentielle du développement économique de l’Afrique. On va examiner cela par secteur : le secteur aérien avec la création de compagnies africaines, suivie de la modernisation ou de la construction d’aéroports, la modernisation du contrôle aérien afin d’accroître la sécurité du transport aérien en Afrique. Le secteur maritime: il y a énormément de projets d’agrandissement et de modernisation des ports en Afrique. Le meilleur exemple, est actuellement le Port autonome de Lomé avec la modernisation et la mise en place de corridor pour desservir l’intérieur du continent à partir du port. Le secteur ferroviaire avec les vieux réseaux hérités de la période coloniale est en pleine modernisation. Il y aura bientôt un TGV en Afrique au Maroc, une ligne à grande vitesse en Afrique du Sud et beaucoup de projets pour interconnecter les pays africains entres-eux. Le secteur routier: il y a un énorme effort de modernisation et d’entretien du réseau routier à mener et les besoins sont criards.

Le secteur de transport public dans les villes: il y a des projets de métro, de tramway, de réseaux de banlieue. Mais il faut aussi créer des structures de gestion du transport urbain pour mettre en place des lignes de grands autobus dans les villes, pour remplacer les minibus trop nombreux et trop anciens et permettre une alternative à l’utilisation des motos taxis. Cela correspond aussi à la nécessité de lutter contre l’insécurité routière, de limiter les accidents et la pollution

Q : Vous êtes député de la Charente Maritime. Quel regard portez-vous sur la situation politique au Togo ?

R : Je dois vous avouer que c’est mon premier séjour au Togo. Donc je découvre ce pays. J’ai rencontré de nombreuses personnalités françaises (avant d’effectuer ce voyage) qui m’ont beaucoup parlé du Togo. Les élections législatives auront lieu le 21 juillet prochain. C’est pour moi qui suis député, qui a affronté de nombreuses élections législatives dans mon pays, un signe de démocratie vivante. Tous les pays amis du Togo dont la France souhaitent une campagne électorale apaisée et que les Togolais puissent exprimer leur choix et leur espérance.

Q : Avez-vous déjà rencontré des responsables politiques togolaises ? Si oui, de quoi avez-vous discuté ? Si non, comptez-vous les rencontrer avant votre départ ?

R : J’ai rencontré des responsables politiques togolais et nous avons discuté des projets économiques d’infrastructures au Togo. Je suis allé visiter le chantier du troisième quai du port de Lomé avec notre ambassadeur. J’espère rencontrer des collègues membres de l’Assemblée nationale, les membres du gouvernement. Et lorsque j’aurai tout ces rendez-vous, je vous dirai plus

Q: Quel appel avez-vous à l’endroit de la classe politique togolaise ?

R : Dans un pays où le développement économique et l’approfondissement de la vie démocratique sont liés, les dirigeants politiques ont entre leurs mains, les espoirs de leur peuple et doivent porter de grands projets. A ce titre, je suis particulièrement intéressé par le développement du port de Lomé et par la volonté du chef de l’Etat de créer un corridor moderne entre le port de Lomé et l’intérieur du continent. FIN

Nicolas KOFFIGAN

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