Côte d’Ivoire: Démission du président du Conseil constitutionnel à quelques mois de la présidentielle

Le président du Conseil constitutionnel ivoirien a démissionné de son poste à quelques mois de la présidentielle d’octobre prochain, qualifiée de cruciale pour la stabilisation de la Côte d’Ivoire, a annoncé la présidence ivoirienne mardi.

Les raisons de cette démission n’ont pas été précisées.

Francis Vangah Romain Wodié, agrégé de droit reconnu pour sa probité et fondateur du Parti ivoirien des travailleurs, un petit parti pour lequel il s’était présenté trois fois – sans succès – aux présidentielles de 1995, 2000 et 2010, avait été nommé par le chef de l’Etat Alassane Ouattara en juillet 2011.

Il sera remplacé par Mamadou Koné, ancien ministre de la Justice (2006-2010), qui était jusqu’alors président de la Cour suprême, d’après un communiqué lu par le secrétaire général de la présidence, Amadou Gon Coulibaly.

M. Koné est considéré comme un proche du chef de l’Etat, contrairement à M. Wodié.

Le Conseil constitutionnel a joué un rôle clé lors de la présidentielle de 2010, déclarant le président Laurent Gbagbo vainqueur quand la Commission électorale indépendante, organisatrice du scrutin, avait accordé le succès à son adversaire Alassane Ouattara.

La Côte d’Ivoire s’était ensuite retrouvée pendant plusieurs mois avec deux chefs d’Etat à sa tête. Les violences postélectorales de 2010-2011, qui avaient mis un terme à cette situation, avaient fait plus de 3.000 morts en cinq mois.

« L’institution Conseil Constitutionnel reste et les hommes peuvent changer », a froidement réagi Joël N’Guessan, le porte-parole du Rassemblement des républicains (RDR), le parti de M. Ouattara, qualifiant la démission de « quelque peu inattendue » dans un communiqué.

Le Front populaire ivoirien (FPI, pro-Gbagbo), sollicité par l’AFP, n’a pas souhaité faire de commentaire.

La présidentielle d’octobre prochain est qualifiée de cruciale parce que censée parachever la stabilisation de la Côte d’Ivoire après une décennie de crise-politico militaire, dont les violences postélectorales de 2010-2011 avaient constitué l’épilogue.

Le seul candidat d’importance à s’être déclaré est pour l’instant le président en exercice, Alassane Ouattara.

SOURCE : AFP