Bruno Hanses : « Le forum économique Togo-UE est une occasion pour présenter tous les acquis du Togo, rendre plus visibles les entrepreneurs togolais et les possibilités qui sont offertes par le pays »

Bruno Hanses.

Lomé, la capitale togolaise, va abriter, les 13 et 14 juin, le tout premier forum économique Togo-Union Européenne, consacré aux investisseurs des deux parties. Les travaux, qui se veulent un cadre de promotion du Togo, en tant qu’une destination accessible, durable et sécurisée pour les investisseurs, vont se dérouler autour du thème, « bâtir des relations économiques durables et pérennes entre le Togo et l’Union Européenne ».

A quelques jours de ce rendez-vous capital, M. Bruno Hanses, chargé d’affaires à la Délégation de l’Union Européenne au Togo, précise les enjeux et les attentes de l’Europe. Ceci, à travers un entretien exclusif avec la presse publique. Selon lui, ce forum s’inscrit dans la volonté de l’UE d’agrandir le volume de ses investissements au Togo pour soutenir le PND. Il appelle les parties prenantes à une attitude proactive, pour mieux saisir les opportunités qu’offre ce rendez-vous d’affaires.

 

Question: Quel est l’état de la coopération entre l’Union Européenne et le Togo ?

 

Bruno Hanses : La coopération entre l’Union Européenne et le Togo s’étend sur toute une gamme de domaines. Nous avons des relations politiques, diplomatiques, économiques et culturelles.

En ce qui concerne les relations économiques dans un sens plus étroit, il faut dire que l’UE est un partenaire de premier plan pour le Togo. Ces relations concernent, à la fois les relations commerciales, l’exportation et l’importation, mais aussi les investissements.

Le cadre dans lequel ces relations évoluent s’inscrit dans les accords entre l’UE et les pays d’Afrique-Caraïbes et Pacifique. Comme vous le savez, cet accord entre l’UE et les ACP est en cours de renégociation et le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’Extérieur, Pr Robert Dussey, mandaté par les pays ACP, y travaille pour en faire un futur cadre.

Sur un autre plan, l’UE et les pays africains ont convenu de bâtir une nouvelle alliance Europe-Afrique. Dans ce cadre, l’UE s’est dotée d’un plan d’investissement extérieur très ambitieux qui apporte un changement de paradigmes, où à l’avenir, l’UE va mettre l’accent beaucoup plus sur le secteur privé.

Ceci, pour encourager les investissements, la croissance inclusive et la création de l’emploi. C’est dans ce cadre que s’inscrit la tenue prochaine de la première édition du Forum économique Togo-Union Européenne.

 

Comment les milieux d’affaires européens ont-ils accueilli l’idée d’un forum économique entre l’UE et le Togo ?

 

La réponse est énorme. A la fois en ce qui concerne des entreprises européennes déjà installées au Togo. L’ambassadeur de France et moi avons visité des entreprises qui nous ont rassurés par des réponses très positives. Il y a de l’enthousiasme. Mais aussi beaucoup de réponses, côté des entreprises qui ne sont pas encore installées au Togo, mais qui désirent y investir.

Pour l’instant, en ce qui concerne le forum économique Togo-UE, on a deux cent entreprises européennes et six cent entreprises togolaises qui sont déjà inscrites.

 

Qu’est-ce que l’Union attend de ce forum ?

 

L e forum est une occasion pour présenter tous les acquis du Togo, pour rendre plus visibles les entrepreneurs togolais et les possibilités qui sont offertes par le pays. C’est aussi une occasion de présenter les entreprises européennes qui désirent venir investir au Togo, ainsi que les instruments offerts par l’UE et les institutions financières internationales.

Tout ceci s’inscrit dans une volonté de l’UE d’agrandir le volume de ses investissements et celui des entreprises européennes au Togo, conformément au PND 2018-2022. Et nous espérons que ça va, à l’avenir, permettre à l’UE de jouer un rôle plus grand dans le financement des projets du PND.

 

L’UE a lancé un appel à projets en vue de financer 100 projets bancables. Il semble qu’à l’échéance, 391 projets ont été enregistrés. Trouvez-vous ce nombre excessif ou est-il en-deçà de vos attentes ?

 

C’est la présidence togolaise qui a lancé cet appel et il y a presque 400 entreprises togolaises qui ont répondu avec beaucoup d’enthousiasme et de volonté.

Pour nous, c’est une source d’énorme satisfaction. La présidence du Togo a mis en place une commission d’évaluation, en collaboration avec la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo, pour faire un tri de qualité, en vue de dégager un nombre de projets qui seront retenus.

 

La qualité des projets soumis répond-elle à vos attentes ?

 

Sans porter préjudice aux travaux de la commission de sélection, à notre avis, la qualité est très remarquable. On s’oriente vers une situation où on va retenir plus que 100 entreprises. Au début, l’idée était de retenir une centaine d’entreprises.

Mais, comme on a vu la qualité des projets soumis, la nouvelle orientation est de retenir beaucoup plus d’entreprises togolaises ayant des projets bancables. C’est dire donc que bien avant le forum économique, nous avons dépassé notre objectif initial. En définitive, les attentes dépendent de la commission d’évaluation.

 

Votre mot à l’endroit des participants à ce forum

 

Comme conseil aux participants, je pense qu’il faut être proactif, c’est important. Il faut déjà penser, même avant le forum, aux personnes qu’on va rencontrer parmi les entrepreneurs européens présents et parmi les représentants des institutions financières internationales.

 

Bernardin ADJOSSE (Source : Togo Presse)