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Trafic d’ivoire : Le Togolais Emile N’Bouké condamné à 24 mois d’emprisonnement dont 9 avec sursis

mercredi 18 juin 2014 à 18:28

Emile N’Bouké, (nationalité togolaise) a été condamné ce mercredi par le tribunal de Lomé à 24 mois d’emprisonnement dont 9 avec sursis pour +trafic illégal d’ivoire+, a constaté l’Agence Savoir News. La police togolaise avait saisi le 6 août dernier dans sa boutique à Lomé, environ 705,5 kg d’ivoire.

M. Doumbouya et Moussa Chérif, deux autres trafiquants - tous de nationalité guinéenne - ont été condamnés à 24 mois de prison ferme. Un mandat d’arrêt international a été lancé contre Moussa Chérif qui a brillé par son absence à la barre.

Quatre personnes ont été jugées. Abdul Cader - un autre guinéen - a été purement et simplement relaxé.

M. N’Bouké (58 ans), ainsi que les deux autres condamnés doivent verser une amende de 5 millions de F.CFA. Le tribunal les a également condamnés à payer une somme totale de 10 millions de F.CFA à l’Etat togolais pour les "autres préjudices subis".

"Je suis plus ou moins satisfait du verdict. Les peines sont assez raisonnables, puisse que c’est la peine maximale. Je crois que le juge a pris la mesure des choses, et c’est pour montrer à toute tentative de ne plus oser", a déclaré à l’Agence Savoir News Me Blaise Kanmanpene, l’avocat de l’Etat togolais.

"L’éléphant a une vertu que beaucoup de gens ne savent pas (…) C’est animal assez extraordinaire. L’éléphant doit être protégé et même avec plus d’énergie que ce que nous faisons. Il importe que l’Etat revoit un peu les textes, pour qu’il y ait une sanction un peu plus sévère que celle qu’on connaît à travers les textes actuellement disponibles", a-t-il suggéré.

Pour Me Claude Amégan, l’un des avocats des trafiquants, le verdict est plutôt sévère.

"Les peines sont lourdes, au regard des éléments du dossier. Le juge allait simplement les relaxer", a-t-il indiqué.

Le commerce international de l’ivoire a pris des dimensions très inquiétantes ces dernières années, la demande étant très forte dans les pays d’Asie et du Moyen-Orient, malgré l’interdiction depuis 1989 de la CITES (Convention de Washington sur le commerce international des espèces menacées d’extinction). Dans ces pays, les défenses d’éléphants sont prisées, car utilisées dans la fabrication d’objets de décoration et dans la médecine traditionnelle.

Ces deux dernières années, le Togo a ouvert la chasse aux trafiquants d’ivoire, suite à des saisies opérées en Indonésie, en Chine et à Hong Kong, en provenance du Port Autonome de Lomé (PAL).

Environ 4,5 tonnes d’ivoire ont été saisies entre août 2013 et mars 2014 au Togo et 18 présumés trafiquants arrêtés et écroués. La plus importante saisie a été opérée les 23 et 29 janvier avec une prise totale de 3,815 tonnes d’ivoire dans des conteneurs au Port Autonome de Lomé.

Deux autres trafiquants ont été arrêtés le 5 juin dernier à Lomé en possession de plus de 125 kg d’ivoire.

Les Etats-Unis ont félicité à deux reprises les autorités togolaises pour ces saisies d’ivoire et les ont invités à "conduire une enquête complète et à poursuivre ceux qui se livrent au trafic d’ivoire". FIN

Junior AUREL

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